Hommage à Sylvain Quentric

Sylvain, qui est à l’origine du personnage de Dorian dans « Nirvâna », a mis fin à ses jours le 12 décembre 2007. Il avait 29 ans.

Après sa mort, j’ai souhaité rassembler tout ce qui avait été dit par ses proches au moment de la cérémonie d’adieu et de la dispersion des cendres.

Et laisser aussi un espace de parole à ceux qui le souhaitaient.

Benoît

PS : les témoignages sont présentés par ordre chronologique (les plus récents en dernier)

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  45 comments for “Hommage à Sylvain Quentric

  1. Nicolas
    7 janvier 2008 à 14 h 18 min

    Cérémonie d’adieu à Sylvain,
    le mardi 18 décembre 2007
    .

    La cérémonie a débuté avec la chanson de M,
    Qui de nous deux

    Puis les chants tibétains des moines de Gyume ont été entendus tout au long de la cérémonie, dans les pauses marquées par les intervenants.

    Texte lu par Nicolas, un ami du Puy du Fou.

    Tu es parti sans nous dire au revoir. Tu es parti, c’était ton choix, ta décision ; nous la respectons. Ta détresse devait être tellement grande que même l’amour autour de toi n’y a rien fait. Saches que cette souffrance nous aurions bien voulu la porter avec toi. Cependant nous n’y avons rien vu, rien perçu. C’est sûrement ce qui est le plus terrible pour nous.

    Sylvain, tu es parti ; et même si au début je t’en voulais, aujourd’hui je le respecte. D’ailleurs, comment t’en vouloir ? Tu m’as tant aidé dans les moments douloureux de ma vie. Souviens-toi quand tu me disais « Raccroches-toi à son sourire ». Aujourd’hui c’est au tien que je me raccroche, et, dans mon cas, à ces mots qui disent que la vie est le livre suprême que je ne peux ni ouvrir, ni fermer à mon choix. Les passages attachants ne s’y lisent pas deux fois. J’aimerais revenir à la page où l’on aime, mais la page où tu meurs est déjà sous mes doigts.

    Sylvain, mon ami, à bientôt lorsque nos âmes se retrouveront.
    A tous les jours dans mon coeur.

  2. Aurore QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 27 min

    Cérémonie d’adieu à Sylvain,
    le mardi 18 décembre 2007
    .

    Texte lu par Aurore QUENTRIC, sa soeur.

    Merci, vraiment, à tous d’être là.
    Pour ceux qui ne nous connaissent pas bien, je suis Aurore, la sœur de Sylvain.
    Grande était mon admiration pour lui, pour sa capacité à nous faire rire, à écouter l’autre avec son cœur, à rêver, à se laisser émouvoir, à se mettre à la portée de chacun, à ne pas perdre de vue une quête d’humanité sans cesse renouvelée.
    Exigeant vis-à-vis de lui-même, il l’était aussi vis-à-vis des gens qu’il aimait. Et j’avais peur parfois de le décevoir.

    Mais, Sylvain, c’est aussi certaines fois grâce à toi que j’ai pu prendre des décisions vitales pour moi.
    C’est dans ton regard que j’ai trouvé du soutien à des moments où presque plus personne ne semblait me comprendre.
    C’est à travers tes mots, honnêtes au point d’en être parfois durs, que je me suis bien souvent remise en question.
    C’est en observant ta quête que je me suis souvent sentie moins seule.
    Ce sont autant d’étoiles que tu as su placer en moi.

    Exerçant ce libre-arbitre auquel tu tenais tant, tu as décidé de quitter cette vie. Je ne juge pas ton geste, j’essaie de le comprendre. Ça prendra peut-être du temps.

    Tout ce que je veux dire finalement, peut-être le plus important, c’est que si tu as choisi de partir, alors vas-y, déploie tes ailes d’ange et vole vers toi-même. Vas-y. Parce que du fond de mon cœur, je te souhaite d’être porté dans ton envol par toute la paix du monde.

    Jean-Yves, son père, a ensuite joué à la guitare Jeux interdits

  3. Benoit BERTRAND
    7 janvier 2008 à 14 h 29 min

    Cérémonie d’adieu à Sylvain,
    le mardi 18 décembre 2007
    .

    Texte lu par Benoit BERTRAND, son ami.

    Sylvain c’était quelqu’un de vrai, quelqu’un d’entier. Il faisait pas les choses à moitié, il était à fond dans tout ce qu’il faisait.

    C’était aussi quelqu’un plein d’humilité.

    Moi j’ai grandi avec lui d’enfant à adolescent à adulte. Il m’a appris tellement de choses, on a partagé tellement de moments que j’ai pas envie de mettre des mots dessus. C’est du domaine de l’indicible.

    Sylvain, je le porte en moi, dans ma peau. On a les mêmes expressions, le même humour, tellement de choses… Je le garderai en moi à vie, parce qu’il fait partie de qui je suis.

    Je suis content d’avoir pu lui dire avant qu’il meure que je l’aimais. Il a halluciné que quelqu’un d’aussi réservé que moi lui dise ça en face.

    Y’a dix ans on a fait un court métrage ensemble. Le thème c’était le suicide. Et je sais, pour être aussi passé par des moments très noirs dans ma vie, et parce que je connaissais très bien Sylvain, par quoi il a dû passer pour en arriver là. Je sais comment ça fait d’être à un tel point malheureux, mal dans sa peau et désespéré. Quand la vie est une trop grande souffrance…
    Et c’est ce que je voudrais faire passer comme message aujourd’hui. Il faut respecter le choix de Sylvain de ne plus vivre, parce que maintenant, là où il est, il ne souffre plus. Il est soulagé. Il est libéré. C’est ce qu’il voulait. Comme il dit à la fin du film, « Si mon esprit n’a pas été comblé par la vie, peut-être mon âme sera t-elle comblée par la mort ? ».

    On devait faire un nouveau court métrage avec Sylvain. Un court métrage en trois parties. La première partie est inspirée librement de sa vie, de son façon d’être, de son fonctionnement au fil des ans. Ses changements de carrière, parfois ses lubies, ses remises en questions, etc. Le scénario a été terminé le 12 décembre. Il ne l’aura jamais lu.

    J’ai envie de rendre hommage à Sylvain. Je n’ai qu’une envie, c’est qu’on ne l’oublie pas. Et la seule chose que je me vois faire, c’est faire en sorte de mener le projet à bout, en être fier, et le lui dédier.

    La cérémonie s’est terminée sur une musique du film Kundun, intitulée Escape to India

  4. Kévin QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 19 min

    Cérémonie d’adieu à Sylvain,
    le mardi 18 décembre 2007
    .

    Texte lu en introduction par Kévin QUENTRIC, son frère.

    Pour le moins tragique, cet évènement qui nous réunit nous devons l’accepter, nous devons l’accepter car c’est la triste réalité, une réalité plus réelle et plus ancienne que ne peuvent l’imaginer la grande majorité de ses proches. Une réalité qui traduit la force avec laquelle Sylvain s’est battu pour s’accrocher à la vie et relancer toujours de nouvelles dynamiques porteuses d’espoir.

    Depuis un certain soir du jour de l’an il y a dix ans, j’ai pu découvrir la face cachée de son univers : un mal-être profond qui lui procurait déjà l’envie de renoncer à la vie. Sous le poids de grosses difficultés pour trouver sa place, liées à son désir sans compromis d’un environnement juste et beau, il se sentait incompris dans ses exigences.

    Bien que réellement apprécié par l’écrasante majorité des gens qui croisaient son chemin, il ne parvenait pourtant pas à s’en satisfaire à cause d’une exigence aigüe parfois constructive mais souvent destructrice.

    Malgré son état dépressif, Sylvain a fait preuve de beaucoup de courage pour dépasser chaque fois les périodes de crise au cours desquelles il n’a cessé de travailler sur lui pour mieux comprendre son mal-être. Tirant les leçons de la vie et prenant conscience des rouages de son esprit, Sylvain était devenu très lucide quant à sa situation.

    Beaucoup de gens ne comprennent naturellement pas comment Sylvain a pu en arriver à une telle situation de désespoir, en contraste avec ce qu’il semblait vivre actuellement. Or voilà, après tant d’années à se battre quotidiennement en espérant trouver un jour la sérénité et l’aptitude à se satisfaire de la vie et de ses imperfections, il a renoncé à cette vie-là alors qu’il n’avait jusqu’ici jamais trouvé la force d’aller jusqu’au bout. Dans la situation actuelle pourtant porteuse d’espoir, Sylvain a visiblement constaté que cela ne suffisait toujours pas. Essayons de le comprendre : à quoi bon continuer dans la souffrance qui était la sienne alors qu’aucune situation ne le comblait jamais et que dans son mal-être profond, il avait l’impression d’être un poids pour ses proches.

    Bien sûr, nous voulons lui dire que nous l’aimions et qu’en aucun cas il était un poids mais sa réalité et son ressentis étaient tout autre. C’est à mon sens pour cela que nous devons respecter cet acte prémédité et réfléchi qu’a commis Sylvain vendredi. Au lieu de nourrir une colère légitime, il nous faut plutôt ressentir le soulagement que ce triste départ a dû lui procurer.

    Sachant être à l’écoute et aider les autres dans leur évolution et leurs réflexions, tout en ayant paradoxalement un grand besoin de s’aider lui-même, nous étions quelques-uns à le considérer comme surdoué en matière de sensibilité vis-à-vis de son entourage et de la Vie en général.

    Faisant clairement parti des êtres les plus chers à mes yeux sur cette terre, Sylvain a endossé son rôle de grand frère à merveille : chamailleries tout d’abord jusqu’à un certain âge, puis il y eut une réelle complicité entre nous. Confident, guide, exemple… nous étions très liés et pouvions tout partager, le meilleur comme le pire.

    Avec son amour, sa bienveillance et sa claire vision, il a beaucoup contribué à mon développement personnel et a forgé mon être de valeurs et réflexions qui m’accompagneront toute ma vie.

    Enfin, comme toujours et tant que possible, je pense qu’il faudra se souvenir des bons moments partagés, sans oublier tout ce qu’il portait de beau en lui. A présent, je souhaite simplement que son intelligence des relations humaines et son goût des choses bien faites nous soient communiqués et nous inspirent.

  5. Jean-Yves QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 26 min

    Cérémonie d’adieu à Sylvain,
    le mardi 18 décembre 2007.

    Texte lu par Jean-Yves QUENTRIC, son père.

    A toi, Sylvain, mon fils,

    Toi qui m’auras donné tant de bonheur par ta présence tout au long de ta vie, tant de moments denses, de réflexions, de remises en question par nos longues conversations,

    Toi, peut-être plus que tout autre, tu m’as aidé à me construire,

    Toi qui me disais souvent combien tu identifiais ton parcours de vie au mien,

    Toi, touché par la grâce d’une sensibilité hors du commun, par des qualités émotionnelles incroyables,

    Toi, torturé par une quête d’absolu sans borne, un besoin de perfection irrationnel,

    Toi, chamboulé par le doute qui permet aux plus grands d’entre nous de grandir sans dogme,

    Toi, insatiable dans ta quête d’amour. Dieu sait si l’on t’a aimé tant tu étais beau, charmeur, drôle, craquant et bon.

    Tes amis disaient hier de toi que tu étais un surdoué par ton exigence, ta rigueur, tes valeurs éthiques.

    Mais je suis affligé que tu n’aies pas pu être simplement doué pour le bonheur.

    Simplement heureux de la vie telle qu’elle est avec ses petits bonheurs, ses médiocrités, ses magnifiques couchers de soleil, ses moments de tendresse irremplaçables.

    La tentation de culpabiliser est terrible. Moi, ton père, ne suis-je pas celui qui a guidé tes pas, les pas qui t’ont mené là où tu es.

    Moi, l’athée, je prie pour que ton geste définitif t’aie permis de trouver la paix où tu es.

    Et si je peux espérer que ce soit possible, j’espère que tu ressens à quel point je t’aime.

    Et que je ne peux me consoler du vide immense que tu vas laisser dans mon cœur.

  6. Aurore QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 38 min

    Dispersion des cendres à la Grande Couaillerie,
    Saint Méloir des Ondes
    Jeudi 19 Décembre 2007
    .

    Aurore QUENTRIC, sa sœur, commence par la lecture d’une prière tibétaine tirée de Le Livre Tibétain de la vie et de la mort :

    « Combien le monde et l’expérience que nous en avons seraient transformés si chacun d’entre nous, durant sa vie et à l’heure de sa mort, pouvait, avec Shantidéva et tous les maîtres de la compassion, dire cette prière :

    Puisse-je être le protecteur des abandonnés,
    Le guide de ceux qui cheminent,
    Et pour ceux qui aspirent à l’autre rive,
    Etre une barque, un pont, un gué.

    Puisse-je être pour tous les êtres
    Celui qui calme la douleur.
    Puisse-je être médecin et remède,
    Puisse-je être celui qui soigne
    Jusqu’à la guérison complète
    Tous ceux qui souffrent en ce monde.

    De même que l’espace,
    La terre et les éléments,
    Puisse-je toujours soutenir la vie
    Des êtres en nombre illimité.

    Et tant qu’elles ne seront pas libérées de la souffrance,
    Puisse-je aussi être source de vie
    Pour les créatures innombrables
    Qui peuplent l’espace infini. »

  7. Martine QUENTRIC-SEGUY
    7 janvier 2008 à 14 h 39 min

    Dispersion des cendres à la Grande Couaillerie,
    Saint Méloir des Ondes
    Jeudi 19 Décembre 2007
    .

    Puis Martine QUENTRIC-SEGUY, sa tante, chante les « Six Stances sur le Nirvana » de Sri Sankara. Ce chant est en sanscrit. Sa traduction est la suivante :

    « JE ne Suis ni mental, ni intelligence, ni ego, ni pensée,
    Pas plus qu’ouie et goût, ni qu’odorat et vue,
    Pas non plus ciel et terre, ni soleil, ni vent,
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva.

    (JE ne Suis) pas plus ce que l’on nomme souffle vital, ni certes les cinq souffles,
    Ni les sept éléments, ni les cinq fourreaux,
    Ni parole, ni main, ni pied, ni anus et parties génitales.
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva.

    JE n’ai ni amour, ni haine, ni avidité ni égarement,
    Ni orgueil assurément, ni jalousie non plus,
    Ni dharma, ni but, ni désir sensuel, ni libération.
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva.

    Ni bien ni mal, ni félicité ni souffrance,
    Ni mantra, ni lieu saint, ni sciences sacrées, ni rites.
    En vérité JE ne Suis pas non plus la nutrition, la nourriture ni le mangeur.
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva.

    Ni peur de la mort, ni distinction de caste pour Moi,
    Ni père ni mère ni naissance,
    Ni parenté, ni amitié, ni Maître ni disciple.
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva.

    Assurément JE Suis, sous forme d’immatérialité,
    Omniprésent dans toutes les facultés des sens,
    Vraiment toujours équanine, ni libération ni entrave.
    Sous forme de conscience et de béatitude, JE Suis Šiva, JE Suis Šiva ».

  8. Paul-François ZIEGLER
    7 janvier 2008 à 14 h 41 min

    Dispersion des cendres à la Grande Couaillerie,
    Saint Méloir des Ondes
    Jeudi 19 Décembre 2007
    .

    Puis Paul-François, son beau-frère, lit le texte sur la paix de Saint François d’Assise :

    « Prions tous ensemble pour l’avènement de ce monde meilleur avec Saint François d’Assise :
    Seigneur,
    Fais de moi un instrument de ta paix,
    Là où est la haine, que je répande l’amour,
    Là où est l’offense, que je répande le pardon,
    Là où est le doute, que je répande la foi,
    Là où est le désespoir, que je répande l’espoir,
    Là où sont les ténèbres, que je répande la lumière,
    Et là où est la tristesse, que je répande la joie.
    Ô Divin Maître,
    Fais que je ne cherche pas tant
    A être consolé qu’à consoler,
    A être compris qu’à comprendre,
    A être aimé qu’à aimer ;
    Car c’est en donnant que l’on reçoit,
    C’est en pardonnant que l’on est pardonne,
    Et c’est en mourant que l’on naît a la vie éternelle. »

  9. Béa QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 47 min

    Je voulais te dire, Sylvain, quel bonheur cela a été pour moi de te connaître. Je te remercie de l’honneur que tu m’as fait de croiser mon chemin. J’ai aimé chaque moment que nous avons partagé. Je ne serai plus jamais la même, il y aura pour moi un avant et un après Sylvain.

    Tu es comme le Petit Prince, Sylvain, si fin, si sensible, ta grande écharpe autour du cou. Comme lui, tu as rejoint les étoiles et chaque soir, je regarde le ciel et je sais que nos regards se croisent.

    Depuis que tu t’es éloigné, le soleil n’a cessé de briller. J’y vois un message que tu nous envoies, un message de lumière, un message d’espoir.

    Tu t’es éloigné, mais tu n’es pas parti, tu es si présent, Petit Prince bouclé, enroulé dans ton écharpe.

    Namasté, Sylvain

  10. Véronique DEROIDE
    7 janvier 2008 à 14 h 48 min

    Je m’associe à votre peine à celle de votre mari, à ce difficile chemin qu’il faudra bien suivre…ce que le départ soudain d’un être cher, et trop jeune pour mourir vient nous dire de la vie, à l’absence aussi qu’il faut apprendre à apprivoiser, à l’or , aux grains de joie qu’il faut tenter d’extraire de la gangue du chagrin…à l’autre dont il faut tenir la main quand les jours sont hostiles .

    Lorsque mon frère est mort, j’ai trouvé une phrase qui m’a éclairée Elle disait qu’ il nous faut tenter de remercier ceux qui nous ont quitté des moments de vie vécus à leurs côtés, car les morts ont plus besoin de notre amour positif et vivant que de nos regrets et nos larmes. Je sais c’est toujours facile à dire…mais c’est un acte positif.

    Bien amicalement à vous.
    Véronique.

  11. Béa QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 49 min

    La voici venue l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié.
    En vérité, en vérité je vous le dis,
    Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt,
    il reste seul ;
    S’il meurt,
    il porte beaucoup de fruits.
    Qui aime sa vie la perd ;
    et qui hait sa vie en ce monde
    la conservera en vie éternelle.

    (Jean 12, 23-25)

  12. Jacques BONNEFON
    7 janvier 2008 à 14 h 50 min

    Très ému par vos réactions devant ce terrible deuil, je m’associe à l’hommage que vous rendez à Sylvain que je n’ai pas connu mais que vos témoignages rendent très présent

    Que votre sérénité et la paix retrouvée dans vos coeurs vous accompagnent tout au long de cette année 2008.

    Avec toute mon affection,
    Jacques

  13. Jean-Yves QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 50 min

    Prières faites pour Sylvain :
    Le 16 décembre, Martine – tante de Sylvain – a œuvré pour que des prières soient dites pour Sylvain à Notre Dame de Paris,
    Une journée de prière est décidée à la chapelle de la rue du Bac,
    et puis pour les jours et semaines à venir :
    Martine a fait joindre à ses prières,
    Celles de Nityananda et ses amis à Rishikesh, au bord du Gange,
    Celles de Shantah et ses amis au Matri Mandir de Pondichéry,
    Celles de Brigitte Sénéca et son groupe de prières à Vézelay et en plusieurs lieux de Bourgogne.
    Celles d’Isabelle et de son groupe bouddhiste de Belgique.

    Simultanément :
    – La Congrégation Bouddhiste Vajrajana que Sylvain fréquentait régulièrement à Montpellier a été informé de son décès et lui a consacré des prières.
    – Le frère de Béatrice – épouse de son père – moine bénédictin à l’Abbaye de Randol a fait consacrer des offices et des prières pour Sylvain et plus généralement pour tous ceux qui en viennent au suicide.
    – La sœur de Béatrice a organisé des groupes de prières à l’Eglise St Etienne de Rennes.
    – Un oncle de Paul-François – son beau-frère – a fait dire des prières au Centre Bouddhique de Plouray dans le Morbilhan où il s’est rendu fin décembre/ début janvier.

    Le Bouddha de Sylvain a été transformé en reliquaire en logeant à l’intérieur des cendres de sa crémation. La statue sera bénie par le Lama de La Congrégation Bouddhiste Vajrayana et fera l’objet de mantras pendant le mois de Janvier.

  14. Jean-Marc INEBRIA
    7 janvier 2008 à 14 h 51 min

    Mes amis,

    La vie n’est qu’une succession de choix que chacun d’entre nous doit faire toujours dans le même but et de façon instinctive. Préserver ou se rapprocher de notre bien-être. Dés la première seconde après sa naissance, l’enfant ne cherche qu’a préserver son bien-être. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il dit est orienté vers son bien-être. Certes, cette vison des choses peut paraître simpliste, mais elle appelle surtout à se centrer non pas sur soi, mais sur l’autre et à accepter ce qui est bon pour lui. C’est cela, pour moi, le vrai acte d’amour et en te lisant, je constate que tu l’aimais beaucoup et que ses proches et ses amis aussi.. Sylvain a fait le choix qu’il a jugé le mieux pour lui et ceux qui l’aiment doivent accepter ce choix. Tout comme un enfant qui décide de partir à l’autre bout du monde, Sylvain a décidé d’aller voir « l’autre monde ». La question est de savoir ce que chacun croit de ce que Sylvain à trouvé. Pour préciser ma pensée, voici une anecdote qui m’est arrivée il y a environ 15 ans. Je « philosophais » avec un prêtre qui était devenu un ami, et je lui ai posé la question suivante : « Vous avez consacré votre vie à l’amour de Dieu, mais supposant que le jour de votre mort, à l’instant ou votre souffle s’arrête, vous réalisez que Dieu n’existe pas… »

    Sa réponse a été une véritable révélation : « ce n’est pas important m’a t-il dit ! Ma croyance m’aura permis de vivre heureux… » En un mot « Ayez des croyances quel qu’elles soient qui vous rendent heureux, et non pas des croyances qui vous rendent malheureux ». Entendez le pour vous et méditez sur la portée qu’elle peut avoir sur ce que chacun doit croire avant, pendant et après la vie sur terre…  » Je n’ai pas eu la chance de rencontrer Sylvain, mais de tout ce que peuvent écrirent ses proches sur son intelligence, sa sensibilité, sa générosité, toutes ses qualités me confortent dans mes croyances que Sylvain a fait le bon choix pour lui même si ce que je dis peut sembler difficile a entendre pour ses proches. La quête de notre bien-être ne nous pousse pas à faire des choix contre les autres, mais des choix pour soi…

    Ton courrier que tu viens de nous adresser nous touche beaucoup parce que tu nous associes à cet amour positif et très fort qui va soutenir Sylvain dans son voyage.

    Soyez en paix Béa, toi et tous vos proches, Sylvain est entre de bonnes mains, et il n’est pas seul…

    Tous nos voeux vous accompagnent pendant cette année 2008 qui devrait nous réunir à nouveau.

    Corinne, Jean Marc et les enfants.

  15. Antoinette et Benoit JOLICOEUR
    7 janvier 2008 à 14 h 52 min

    Jean Yves et Bea,

    Vous nous partagez un témoignage d’espérance extraordinaire. Notre vision de la vie et de la mort s’est beaucoup enrichie. C’est toute la question du sens. Vos réactions sont pétries d’amour, d’affection et de bon sens. Des valeurs dont notre monde a tant besoin.

    Merci de nous avoir fait partager ce moment fort de votre vie. Merci de nous avoir enrichi de votre témoignage.

    Merci pour votre contribution pour que ce qui paraît absurde dans notre societé trouve du sens et nous encourage à aller plus loin.

    De l’ile Rodrigues lointaine, nous sommes avec vous et nous partageons tous ces temps forts avec vous.

    Antoinette et Benoit Jolicoeur

  16. Aude FERRAND
    7 janvier 2008 à 14 h 52 min

    Cheval de vent

    Sylvain, tu es comme les chevaux de vent, ces ribambelles de drapeaux que les bouddhistes de l’Himalaya accrochent dans les temples, au passage des cols ou au milieu de hauts plateaux

    Comme eux, ta présence presque intangible est disséminée dans le monde

    Même quand le vent a entièrement effiloché les messages inscrits sur les rectangles colorés, il reste une trace, bien visible, de ce qui raccrochait ces bouts de tissu fragiles à la réalité : un monticule de pierres, un fil…

    Quête d’ancrage, de fixation du sens quand tout semble n’en avoir aucun
    Quête du mot juste, de l’être-vrai : les relations humaines envisagées comme le « om », syllabe-vibration pure et originelle, délivrée de l’ego et dont la perfection semble être atteinte sans effort contre nature
    Quête d’idéal, d’une passion qui te pousserait en avant comme un cheval sauvage
    Quête de perfection pour soi, pour les autres

    Voilà ce que tu es, pour moi, Sylvain

    Comme les chevaux de vent, tu touches ceux qui croisent ta route l’espace d’un bref instant ou d’une vie

    Ton départ laisse un vide au milieu de nos vies, mais un vide lumineux, rayonnant
    Comme si, délivré du poids de la vie terrestre, tu t’étais enfin défait de toute cette noirceur

    Absent et présent à la fois, nous gardons tous en nous un petit fil, un bout de ton être qui nous est parvenu au gré du vent

    Merci pour ta lucidité
    Merci d’avoir, à tout moment, été vrai
    Merci pour tes éclats de rire, brefs mais intenses
    Merci pour ton écoute
    Merci pour ta confiance

    Va, et réalise toi.

  17. Jean-Yves QUENTRIC
    7 janvier 2008 à 14 h 53 min

    Sylvain chantait souvent Somewhere Over the Rainbow avec sa guitare. Le texte est très évocateur de ce qui motivait sa décision de passer « à l’Orient Eternel ».

    « Somewhere over the rainbow
    Way up high
    And the dreams that you dreamed of
    Once in a lullaby, ii ii iii
    Somewhere over the rainbow
    Blue birds fly
    And the dreams that you dreamed of
    Dreams really do come true ooh ooooh
    Someday I’ll wish upon a star
    Wake up where the clouds are far behind me ee ee eeh
    Where trouble melts like lemon drops
    High above the chimney tops thats where you’ll find me oh
    Somewhere over the rainbow bluebirds fly
    And the dream that you dare to,why, oh why can’t I? i iiii
    Well I see trees of green and
    Red roses too,
    I’ll watch them bloom for me and you
    And I think to myself
    What a wonderful world
    Well I see skies of blue and I see clouds of white
    And the brightness of day
    I like the dark and I think to myself
    What a wonderful world
    The colors of the rainbow so pretty in the sky
    Are also on the faces of people passing by
    I see friends shaking hands
    Saying, « How do you do? »
    They’re really saying, I…I love you
    I hear babies cry and I watch them grow,
    They’ll learn much more
    Than we’ll know
    And I think to myself
    What a wonderful world (w)oohoorld
    Someday I’ll wish upon a star,
    Wake up where the clouds are far behind me
    Where trouble melts like lemon drops
    High above the chimney tops that’s where you’ll find me
    Oh, Somewhere over the rainbow way up high
    And the dream that you dare to, why, oh why can’t I? I hiii ? »

    Et la traduction en français :

    « Quelque part au-delà de l’arc-en-ciel
    Bien plus haut
    Et les rêves que tu as rêvé
    Une fois dans une berceuse
    Quelque part au-delà de l’arc-en-ciel
    Les oiseaux bleus volent
    Et les rêves que tu rêves
    Ces rêves se réaliseront
    Un jour je ferai un souhait en regardant une étoile
    Me réveillerai là où les nuages seront loin derrière moi
    Où les ennuis fondront comme des gouttes de citron
    Haut au-dessus des cheminées, c’est là que tu me trouveras
    Quelque part au-delà de l’arc-en-ciel les oiseaux bleus volent
    Et les rêves que tu oses rêver, pourquoi, oh pourquoi ne pourrais-tu pas ?
    Oui, je vois les arbres verts
    Et les roses rouges aussi
    Je les vois pousser pour moi et toi
    Et je me dis en moi-même
    Quel monde merveilleux
    Oui, je vois les cieux bleus et les nuages blancs
    Et la lumière du jour
    J’aime l’obscurité et je me dis en moi-même
    Quel monde merveilleux
    Les couleurs de l’arc-en-ciel si jolies dans le ciel
    Sont alors sur les visages des passants
    Je vois des amis qui se serrent la main
    Se disant « Comment ça va ? »
    Ils se disent en réalité, « Je t’aime »
    J’entends les bébés pleurer et je les vois grandir
    Ils en apprendront bien plus
    Que nous n’en saurons jamais
    Et je me dis en moi-même
    Quel monde merveilleux
    Un jour je ferai un souhait en regardant une étoile
    Me réveillerai là où les nuages seront loin derrière moi
    Où les ennuis fondront comme des gouttes de citron
    Haut au-dessus des cheminées, c’est là que tu me trouveras
    Oh, Quelque part au-delà de l’arc-en-ciel
    Bien plus haut
    Et les rêves que tu oses rêver, pourquoi, oh pourquoi ne pourrais-tu pas ? »

    Une très belle interprétation en était faite par un chanteur hawaien qui est décédé désormais :

  18. Nicole BLAVY
    7 janvier 2008 à 14 h 54 min

    Sylvain,

    Révoltés contre nous même nous sommes, pour n’avoir pas pu, pas su te retenir.

    L’Ailleurs était plus fort et tu as accepté d’y aller.
    Nous, on va rester là pour un bout de temps, avec ce manque que tu n’as pas voulu nous procurer.

    Tu es parti, jeune, beau, souriant, toujours aimable avec les autres.

    Désabusé de ces petites choses dont on a l’habitude de se satisfaire et qui sont les petits bonheurs qui accompagnent notre vie.

    Ces petits bonheurs, tu les as eus aussi ; ils n’étaient pas la plénitude que tu recherchais.

    Plénitude, Sérénité qui t’entourent maintenant vont nous aider à supporter ton absence physique.

  19. Jean-Yves QUENTRIC
    9 janvier 2008 à 6 h 46 min

    Pendant les jours qui ont suivi la mort de Sylvain, nous avons connu des journées extraordinaires de lumière et de paix. Une longue période de beau temps s’était installée. La lumière et l’absence de vent étaient magnifiques.

    Il régnait une égrégore, une douceur, une compassion entre l’ensemble des membres de la famille et les amis qui m’ont bouleversé. Les messages de soutien et de réconfort affluaient rappelant souvent à quel point Sylvain avait marqué les esprits. Notamment les équipes du Puy du Fou où travaillait Sylvain nous dirons combien il était apprécié. L’un des principaux responsables nous écrira « La bonté et le sourire de Sylvain resteront gravés dans nos mémoires ».

    Les émotions sont parfois violentes. Mais au-delà du légitime déchirement, nous avons connu de la tristesse sans désespoir, des élans de cœur sans précédent, des réconciliations émouvantes et très belles. La spiritualité était parfois palpable. L’amour était omniprésent.

    Nous avons été frappé par une succession étonnante de coïncidences troublantes, de symboles troublants comme celui que je veux partager avec vous. Après avoir dispersé les cendres de Sylvain à Saint Méloir des Ondes, lieu que nous lui savions cher, nous avons partagé des agapes et sommes allé prendre l’air sur une plage de la Rance (en Bretagne) qu’il affectionnait, la « Passagère »…

    Comme depuis sa mort, il régnait une lumière magnifique et une absence de vent si paisible. Comme si monde retenait son souffle. Même les mouettes tournaient doucement au-dessus de nos têtes sans pousser le moindre ricanement. La surface de l’eau était parfaitement lisse et nous avons remarqué que nous pouvions voir sous la surface de l’eau des traces de pattes d’un oiseau marin qui avait longé le rivage avant que la marée ne continue à monter sans lisser le sable du fait de l’absence de vague.

    Le phénomène inhabituel nous a captivé et ma sœur Martine a réalisé que cela correspondait à quelque chose de précis pour nous. Padma, son fils et Tridiv, le père de Padma sont issus des Chakmas au Bangladesh. Dans leur tradition, la dépouille d’un défunt est disposée sur un bûcher autour duquel ils étalent un sable fin. La famille et les proches s’installent autour de l’ensemble pour une méditation qui va durer jusqu’à ce qu’un animal passe sur le sable et y laisse des empreintes. Les Chakmas y voient le signe que l’âme a quitté le corps, qu’elle n’est donc plus qu’une simple enveloppe et que sa crémation peut être faite. Le signe offert était magique.

    Comme le disent certains rituels, Sylvain était passé à l’Orient Eternel… lui qui avait ouvert son cœur au Bouddhisme et à la sagesse orientale.

  20. Martine QUENTRIC-SEGUY
    10 janvier 2008 à 21 h 34 min

    Chaque année en France 120.000 personnes tentent un suicide et 12.000 d’entre eux meurent.
    Nous qui connaissons cette douleur de près grâce à Sylvain, ne refusons jamais d’entendre la douleur d’autrui, ne nous protégeons pas même si c’est difficile, aidons ceux qui en ont besoin à trouver une aide efficace. Un instant d’écoute véritable peut parfois sauver une vie. Nous aurions tant aimé que quelqu’un sache entendre Sylvain d’une façon juste façon pour lui début décembre 2007.
    Que tous ceux qui souffrent soient dans nos coeurs (et nos prières si nous prions), qu’ils aient pour nous à jamais le visage de Sylvain.

  21. Fabien ADDA
    11 janvier 2008 à 15 h 32 min

    C’est en voulant suivre les nouvelles de Sylvain et Benoit via le site « à l’arrache production » que je viens de découvrir cette tragique nouvelle.
    Je présente à sa famille, son père, sa mère, Aurore et Kevin, mes plus sincères condoléances.
    Je suis profondément attristé et secoué.
    Je pense fort à vous tous et je vous souhaite beaucoup de courage.
    Avec toute mon amitié,
    Fabien

  22. Gérard COMPS
    16 janvier 2008 à 8 h 54 min

    Tu voulais toucher le ciel
    Mais Dieu ne se laisse pas approcher

    Tu voulais voir le dessous des cartes

    Tu partais et tu revenais

    Tu souriais, tu riais
    Quand ta route à toi était si compliquée

    Tu disais ta quête
    Autour de toi

    Sylvain on t’aimait
    Comme tu étais
    Beau et exigeant

    Tu es parti
    Pourtant tu es encore là
    Nous voulons tous croire
    Que là bas tu es enfin chez toi.

  23. Maloo LANVIN
    18 janvier 2008 à 19 h 56 min

    Ecrivant à une tante de Sylvain, Maloo Lanvin a dit:
    Quelques mots suffisent pour … couper le souffle… Je ne me doutais pas de la force qu’avaient les mots réflexes de mon coeur « je t’accompagne ». Eh bien, je ne t’ai pas quittée. Non seulement toi, mais ta maman, ton frère, les plus proches et leur douleur poignante. J’aurais voulu pleurer leurs larmes pour qu’ils ne suffoquent pas.

  24. Adrien "Fétide" CHARRIER
    19 mars 2008 à 16 h 52 min

    21 ans avant de se connaître, 6 mois d’amitié, l’éternité pour t’oublier. Adieu mon ami.

  25. Julien CARTON
    26 avril 2008 à 0 h 43 min

    Adieu Sylvain. Une pensée pour ta famille, je vous embrasse.

  26. Katell MARCILLAUD
    30 juin 2008 à 21 h 37 min

    Une énorme pensée pour toi Sylvain, ainsi que pour Aurore, Kévin, Mimi et Jean-Yves.
    Je pense à toi presque tous les jours, encore plus aujourd’hui.
    J’espère que tu es heureux, où que tu sois.

  27. Benoit BERTRAND
    10 juillet 2008 à 1 h 06 min

    Oui, Sylvain aurait eu 30 ans le 30 juin dernier.

    Six mois se sont écoulés, et la douleur est encore bien présente.

    Moi qui pensais avoir compris son geste… Je me rends compte que ce n’est pas si simple que ça. J’éprouve un grand sentiment de gâchis.

    J’aurai tellement voulu qu’il s’en sorte. Tellement voulu l’y aider. Comme beaucoup, je crois.

    Les dernières années que j’ai vécues avec lui ont été sombres. J’ai du mal à me rappeler de bons souvenirs avec lui. Ou alors, il faut remonter loin. J’ai assisté à sa chute, sans parvenir à l’aider.

    Je pense souvent à lui.

    J’ai à présent une vulnérabilité à fleur de peau.

    J’ai parfois du mal à être moi, tant certaines de mes attitudes me rappellent instantanément Sylvain.

    Je voudrais tant partager de choses avec lui.

    Je comprends son geste, mais ne parviens pas à l’accepter.

    Comme les rescapés d’un accident, où d’autres ont perri, la question récurrente : pourquoi lui et pas moi ?

  28. Aurore QUENTRIC
    14 décembre 2008 à 14 h 47 min

    Je ne suis pas un parent
    Qui a perdu son enfant
    J’ai le vertige, la nausée
    En effleurant cette pensée
    Et mon cœur ne peut donner
    Que l’amour d’un seul enfant.

    Je ne pourrai pas tout remplacer
    Je ne pourrai pas tout dépasser
    Ni remplir tous les silences
    Ni combler toutes les absences
    Je dois me rendre à l’évidence
    Je pourrai crier, nier, pleurer
    Mais jamais oublier
    (qui pourrait le souhaiter?)

    J’aimerais tant aussi pouvoir dire
    Je vais pleurer vos larmes pour vous
    Mais il faudrait déjà que je laisse fuir
    Celles qui s’amoncellent sous mes joues.

    Du fond de mon cœur
    Je ne pourrai que prier
    Afin que la douleur
    Nous soit moins lourde à porter.

    Voilà ce que je crois:
    C’est peut-être impensable
    Mais il a fait son choix
    Personne n’est responsable.

    Et forte dans l’Esprit
    Je ne pourrai qu’espérer
    Qu’il a trouvé dans sa nuit
    Des étoiles à rallumer.

    Le temps peut bien passer
    Ce même instant nous poursuit
    Une année – qu’est-ce – une année
    Moi aussi je pense à lui.

  29. Delphine BERTRAND
    19 décembre 2008 à 19 h 08 min

    L’image que j’ai de Sylvain est celle du copain de mon frère qui venait souvent à la maison il y a une dizaine d’années. J’ai longtemps hésité avant d’écrire car je le connaissais très peu. Mais sa mort m’a touchée plus que je ne saurais dire. Depuis je pense très souvent à lui. A ses parents. A Kévin et Aurore. A Benoît. A ceux qui l’aimaient.

  30. Jean-Yves QUENTRIC
    10 mai 2009 à 3 h 02 min

    Ce dernier week-end, j’étais avec Mimi à St Malo pour le mariage de Marina Sibert, la fille d’amis malouins de longue date… C’était aussi le retour vers un certain passé, vers des souvenirs et j’ai eu un vrai bonheur de passer ces moments avec tous ces amis de si longtemps…

    Dimanche, en fin de journée, sur la route de Roz sur Couesnon, Mimi me disait qu’elle avait été à St Méloir des Ondes voir Sylvain; ce que j’aurais aimé faire aussi… A Roz, nous avons pu admirer les feuilles naissantes de l’érable planté pour Sylvain.

    Lundi, à 3 heures du matin, je prenais la route du retour. Cela faisait une heure que je ne dormais plus et que je pensais à lui. Et il me semblait si proche. Sûrement parce que j’étais là, à St Malo.

    Après avoir démarré la voiture, j’ai mis la radio sur France Info, la seule à diffuser quelque chose aussi tôt… Après quelques infos, la personne a précisé que nous étions le jour de la Saint Sylvain. Puis ils ont repris la diffusion de musiques et ils ont passé « Over the rainbow » d’Israel Kamakawiwole…

    France Info ne précise jamais quel est le Saint du jour. Les versions de cette chanson sont nombreuses. Je vais rarement à St Malo et c’est justement le jour de sa « fête ». Un tel concours de hasards ne peut exister. Le hasard n’existe pas, n’est-ce pas?

    J’ai écouté cette chanson dans un état second, persuadé que Sylvain était là. Et j’ai mis des heures à me sortir de cette émotion.

    Ecrivant ceci à Aurore et Sylvain, ils ont répondu:
    Aurore: C’EST EXTRAORDINAIRE
    C’EST BEAU
    C’EST VRAI
    C’EST TOUT
    PAPA JE T’AIME

    Kévin: Eh oui, la vie est merveilleuse, inattendue et mystérieuse. Je ne crois pas non plus au hasard tel qu’on le définie généralement, les exemples de « concours de circonstances » au combien opportuns ne manquent pas. Comment l’expliquer?! Peut-être en ne commençant surtout pas par l’expliquer.
    Se contenter de l’émerveillement induit, et le cultiver, me paraît une réponse plus directe à ce qui fait que notre vie est belle ou ne l’est pas. Depuis que Sylvain est mort, je me sens parfois plus proche de lui que je ne l’ai jamais été. Cela peut paraître absurde et pourtant il m’arrive de le sentir comme vivant à travers moi. Cela vaut ce que ça vaut, et le véritable sens se cache derrière les mots. Comment traduire ces sensations comme celles que tu as pu éprouvées sur la route lundi matin, probablement puissantes, seul toi peut vraiment connaître la vérité de ce que tu as ressenti.
    Etant donné que ces parts de vérité se situent au-delà des mots et du conceptualisable, nous pouvons alors choisir de nous en nourrir tout simplement, ou de tenter de comprendre… Vaste programme dans ce dernier choix!

    Merci pour ce partage d’expériences, il est temps que l’humanité réacquière sa capacité à s’émerveiller des choses simples mais puissantes. Plein de bisous, je suis bien content pour toi que ce week-end ait été si riche en joies et émotions. Content aussi d’avoir eu des nouvelles de l’érable.

  31. Benoit BERTRAND
    17 juin 2009 à 10 h 58 min

    Un rêve sur Sylvain

    C’est la guerre.
    Je suis pris dedans.
    C’est une époque lointaine.
    Sur le champ de bataille je croise Sylvain.
    Je l’appelle.
    Il me dit « Ca fait 70 ans que j’attends d’entendre cette voix ».
    Il retourne son pistolet contre lui et se tire une balle dans la tête.

    Je me réveille en pleurs.
    Je suis entre rêve et réalité.
    Le brouillard de dissipe, et un message, clair, m’apparaît : je reverrai Sylvain. Dans une autre vie, je reverrai Sylvain.

    Un autre message aussi : le suicide est un acte de volonté. C’est un droit que chaque être humain a.
    L’empêcher dans cette vie, n’aurait rien changé.

    Malgré la violence de ce rêve, c’est la certitude de le revoir qui est restée gravée dans mon esprit.

    Ce rêve, je l’ai fait à la même période où Jean-Yves a eu l’expérience qu’il décrit plus haut.
    Curieux que la présence de Sylvain se soit révélée à nous à la même période…

  32. Mathias MOINARD
    11 janvier 2010 à 1 h 32 min

    je tatendai et tu a choisi de partire ce soir la jai vu une etoille filante a l heure ou tu devai venire et la jai sue mai au fon de moi je men nais voulue et hier jai vue une nouvelle etoille filante et la je tai compri

  33. Adeline
    29 octobre 2010 à 19 h 33 min

    J’ai très peux connu Sylvain,juste quelques mois avant cette soirée. Je repense très souvent à lui et j’ai cette boule au ventre qui revient la même que ce matin de décembre ou nous sommes allez le voir pour un dernier souvenir.On n’oublie pas,on apprend a vivre avec son souvenir.

  34. Jean MARQUIS
    25 novembre 2010 à 23 h 23 min

    Il en est qui jamais n’ont connu leur Idole,
    Et ces sculpteurs damnés et marqués d’un affront,
    Qui vont se martelant la poitrine et le front,
    La Mort des artistes, Charles Baudelaire

    Reste le souvenir des bons moments passés, à Avignon et en Vendée.
    Pensée pour ta famille

    Adieu Sylvain

  35. Jean-Yves QUENTRIC
    23 juillet 2011 à 14 h 04 min

    Sylvain avait un très beau Bouddha népalais en bois et nous en avions fait une urne funéraire en l’évidant pour y placer de ces cendres et en le confiant au Lama du centre tibétain où Sylvain allait afin qu’il le bénisse…
    Mais en Décembre 2009, un incendie a détruit ma maison et tout ce qu’elle contenait. Le Bouddha aussi.
    Depuis, je regrettais amèrement ce Bouddha et j’en cherchais un comparable, de la même origine, qui puisse offrir le plaisir de le retrouver d’une certaine façon… Mais ces statues sont plutôt assez rares en France.
    Et puis, ces derniers jours, allant passer quelques jours en Normandie, nous avons séjourné dans un bel hôtel, le Moulin de Bâlines à côté de Verneuil sur Avre, niché au sein d’un parc à la végétation abondante, le long de l’Avre, aménagé avec soin et beaucoup de goût par un couple adorable, Audrey et Christophe Montaland.
    Et au premier matin, j’ai eu un coup de coeur à la vue d’un Bouddha très ressemblant à celui de Sylvain qui méditait sur le manteau de la cheminée. Je suis allé voir Christophe Montaland, l’hôte des lieux pour oser lui solliciter la possibilité de lui acheter.
    Christophe m’a expliqué que ce Bouddha lui venait de son père qui avait fait un voyage au Népal. Je lui disais en deux mots les raisons pour lesquelles je lui parlais de ce Bouddha plus particulièrement, sachant qu’ils en avaient plusieurs dans le moulin. Mais étant donné que c’était un cadeau de son père, je me gardais bien de lui faire ma requête d’achat.
    Et le lendemain matin, Christophe vint poser le Bouddha sur notre table du petit déjeuner pour nous dire qu’après en avoir discuté avec sa compagne Audrey, ils souhaitaient nous offrir le Bouddha.
    Ce geste était d’une générosité émouvante. Nous nous sommes embrassé. Je ne savais comment exprimer ma gratitude.
    Aujourd’hui, ce Bouddha a pris sa place dans la maison. Il me semble qu’il est revenu… Et le fait qu’il soit là grâce au geste magnifique de Christophe et Audrey donne un sens encore plus touchant à sa présence.
    Il me semble que Sylvain regarde tout cela avec son sourire moqueur. Et qu’il se réjouit de ce bonheur…

  36. 31 janvier 2014 à 0 h 12 min

    Bonsoir, en cherchant Aurore Quentric sur internet, je tombe sur cette triste nouvelle et j’apprend le suicide de son frère survenu en 2007, est-ce pour ça que je n’avais plus de nouvelles et es-tu la bonne personne que je recherche, il y a peut-être plusieurs Aurore Quentric?
    En tous les cas, mes sincères condoléances avec 7 ans de retard.
    Voici la copie du message que je viens de t’envoyer à aurorequentric@voila.fr :

    Salut Aurore,

    J’espère que tu vas bien? Es tu encore à l’est de la France. Comme c’est encore la saison, je te souhaite une bonne année 2014.
    En regardant mon agenda de l’étudiant, je viens de lire que nous nous sommes pas vu depuis le 2 janvier 2004, nous avions été manger une pizza rue de l’université à Montpellier avec mon ami David.
    Depuis le pizzaïolo est devenu mon pote et il est vers le stade Philippidès maintenant.

    Le temps passe vite et après 10 ans à Montpellier c’est à mon tour de bouger, je vais m’installer dans une grande maison en piémont pyrénéen où tu seras la bienvenue avec ton copain, ton enfant, peut-être en as-tu plusieurs maintenant?

    Bises et j’espère à bientôt

    Vincent rencontré à vélo, à Pabu l’été 2003

    Mon site photo : http://www.vincent-granouillac.com

  37. 31 janvier 2014 à 0 h 15 min

    Oui j’ai oublié de dire, le message que je t’ai envoyé à aurorequentric@voila.fr m’est revenu, c’est pour ça que je me permet d’écrire ici. Merci

  38. Christine OLLIER
    9 juin 2014 à 21 h 33 min

    Sylvain s’est rappelé à moi, il y a quelques semaines quand « par hasard » j’ai retrouvé au fond d’un tiroir un petit mot qu’il avait laissé sur le bureau avant son départ, le premier en Inde me semble-t-il.
    Et puis j’ai tape son nom sur internet… Quelle tristesse et quelle émotion!!
    Nos chemins se sont croisés à Mauguio, peu après le film, j’y retrouve donc le Sylvain que j’ai connu, sensible avec un petit air malicieux aussi.
    Je retiendrais son exigence dans le travail et son rire car la porte du bureau fermée j’ai le souvenir de bonne rigolade.
    Sylvain,
    puisses tu avoir trouvé la paix

    Je m’associe à votre peine bien des années après
    Pensée pour Jean-Yves
    Christine OLLIER

    et ce souvenir:

  39. Benoit BERTRAND
    30 juin 2014 à 3 h 48 min

    Sylvain aurait eu 36 ans aujourd’hui.
    Pour l’occasion j’ai eu envie de raviver le site.
    C’est une période où j’ai aussi envie de ne pas perdre tout le travail qui a été fait, notamment avec Sylvain à l’époque, sur le projet de court-métrage.
    Un projet qui a, et qui va continuer de vivre avec Kévin, à travers les souvenirs que l’on a de lui.
    Sylvain est encore, très souvent, dans mes pensées, dans mes rêves…

  40. Larousse
    15 octobre 2014 à 5 h 40 min

    Encore le manque, encore les larmes mais à jamais dans mon coeur.
    Sur le quai de la gare, en ce doux mois de septembre, après avoir fait de la balancoire, j’ai pleuré.
    Maintenant je sais qu’à ce moment là, toi, tu savais déjà ce que tu allais faire.

    Tes derniers mots face à ma détresse que je te servais sur un plateau dix ans après, plateau maudit et qui me hante et me hantera toujours.

    SOIS TOI MEME

    En 2014, j’ai toujours pas réusssi, et si j’avais ta force et ton courage, je te suivrai là ou tu es parti comme le punk que tu es à mes yeux.
    Mes yeux fanés de n’avoir su te motiver à venir à Paris, à refaire un bout de chemin en toute amitié. Ou pas.
    Comme d’hab, entre toi et moi, on savait pas, ça voulait pas ….

    Tu me manques. Horriblement, je ne relirai pas ce message et tant pis pour les fautes, mais sache que chaque fois que mon vernis est écaillé je pense fort à toi et à ce livre de VD que tu m’avais prêté …

    De là ou tu es, regarde ce monde abject. Je te comprends, je ne te juge pas et puis voIlà….

    • Kévin QUENTRIC
      15 octobre 2014 à 22 h 17 min

      Bonjour Larousse,

      J’imagine que tu t’appelles aussi Houda, c’est Kévin le petit frère de Sylvain. On ne s’est croisé qu’une ou deux fois il y a longtemps mais je sais que tu as compté pour Sylvain. Ce serait chouette de pouvoir échanger quelques mots si cela te dit… Si tu lis ce message, n’hésite pas à m’envoyer un message sur ma boîte mail : kq.quentric@gmail.com.

      Sinon bonne continuation à toi, les humains peuvent être abjects c’est vrai, mais notre monde permet de magnifiques choses, parfois même véhiculées par des humains.

      Au plaisir de te lire,

      Kévin.

  41. 10 février 2015 à 7 h 55 min

    Cela fait 15 jours qu’Aurore est partie… La veille de sa mort, nous avons eu une conversation très intense au cours de laquelle Aurore me disait sa perception de la mort, sa confiance dans l’au-delà, dans le fait qu’il puisse y avoir une continuité… Et comme dans le poème de William Blake, les défunts sont comme les navires qui disparaissent sous la ligne d’horizon… Ils n’en continuent pas moins leur périple et sont accueillis par d’autres sur d’autres rivages…
    Aujourd’hui, je me demande quel temps prend la traversée… Est-ce qu’Aurore est toujours dans le bardo ? Ou est-elle dans les bras de son frère ? Je ferme les yeux et je me demande si ils pourront nous faire quelques signes, nous jouer quelques synchronicités ?

    • Mathias MOINARD
      7 mars 2015 à 23 h 50 min

      toute mais sincer condolénce poure le décai de vautre fille je pence quelle a retrouver son frere que la vie doit etre dure pour un pere de voire parrtire deus de cai enfants mais prieres et mais pencez vous serons dirijer et toutes mais pencer courraje a vous et a vos proche et biz a benoit protéjé le mathias

      ..

  42. Mathias MOINARD
    7 mars 2015 à 23 h 36 min

    cela fait 8 ans que tu a désider de me quiter de nous quitez mais il ni a pas un jour ou je pence a toi a nous et a ce mal aitre que tu ma donner ou offer ou balencer en plaine gueulle pour me fair comprendre que je te méritai pas ou pas !!!!!! tu etai une etoile facile a voire mai inacsecible tu me manque et tu me manquera toujoure biz mon angéleau

  43. 2 octobre 2015 à 1 h 21 min

    Plus de 7 ans après le départ de mon frère, et par conséquent plus de 7 ans après avoir récupéré sa guitare, je le remercie pour cette passion qu’il m’a léguée et qui dirige ma vie aujourd’hui : la musique. Il y a quelques années, j’ai écrit une chanson en l’hommage de Sylvain, elle s’appelle « Lettre à une étoile » et il est aujourd’hui possible de l’écouter en allant sur le site internet « kewenka.wix.com/chanson », ou encore sur la page Soundcloud du morceau : https://soundcloud.com/k-w-nka/lettre-a-une-etoile

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