© 2006 Aude & Benoît. All rights reserved.

Arrivée à Delhi

Atterrissage le 10 juillet 2006 à l’aéroport de Delhi. Il est 22h passées. Beaucoup de monde dans les halls, la foule se presse pour récupérer ses bagages et sortir de là au plus vite. Près de la sortie des hommes attendent avec des pancartes où figurent des noms occidentaux. Certains, des sikhs, sont en livrée, aux couleurs des chaînes d’hôtels luxueuses et tiennent des pancartes à en-tête où sont imprimés les noms. D’autres, plus jeunes et en groupes, n’ont pas d’uniforme et ont griffonné un nom sur un morceau de papier. Ils se pressent derrière une rampe, les envoyés des hôtels chics au premières loges, les autres amassés derrière et sur les côtés. Plus loin, derrière les portes coulissantes, les familles indiennes attendent des passagers.

Nous avons réservé un hôtel et, par la même occasion, un chauffeur, à cause de l’arrivée tardive. L’émissaire de notre hôtel fait partie de ceux qui, en habits civils, se massent sur les côtés. Nous déchiffrons le nom qui, au milieu d’autres noms français (l’hôtel est un plan du Routard…), nous appelle sur le papier. Il y plusieurs chauffeurs, plusieurs passagers et, nous le découvrons bientôt, plusieurs voitures. Elles sont garées tout au bout du parking. Les passagers sont répartis. Jamais vu autant de (belles) voitures lors du voyage précédent dans le sud de l’Inde. Etonnement de voir que certaines familles (toutes, pourraient-on croire, à en juger le degré de remplissage du parking) peuvent se payer de tels véhicules. Illusion de richesse générale.

Il ne fait que trente degrés. Il pleut quelques gouttes. On dirait en fait que l’air, saturé d’humidité, se condense et devient tangible, perle. On roule fenêtres ouvertes, musique pop indienne à fond. Le comparse du chauffeur se retourne pour demander « Do you like Indian music? » « Yes, we love it! ». On se croirait dans un film ou un jeu vidéo. Au début, ça ressemble à une autoroute. Les voitures défilent à toute allure, la route est en bon état, il y a des terres-pleins centraux. Et puis, à mesure qu’on se rapproche de la ville, on retrouve l’Inde qu’on connaît.

Tout d’abord cette odeur douceâtre, qu’a décrite Pasolini et que l’on ne retrouve nulle part ailleurs (pas de madeleine de Proust olfactive possible en dehors de l’Inde, donc. C’est peut-être cela qui nous fait y retourner). Odeur d’eau croupie, cette eau couleur pétrole qui coule le long des trottoirs, le long des chemins, sur les plages. Mais cette odeur est mêlée à une odeur de fleur, de savon aux herbes ayurvédiques, de nourriture, d’épices, de fruits. L’odeur des gens : des femmes hindoues qui ont piqué des guirlandes de jasmin dans leur tresses, des hommes qui sentent le santal, les épices. Tout le monde transpire, personne ne sent mauvais. Que distille donc l’occidental dans son corps pour sentir ainsi ? Par moments, l’odeur du dehors devient nauséabonde, mais la plupart du temps, elle est simplement l’odeur de l’Inde. L’odeur de la mort et de la misère aussi peut-être ; des fruits et des fleurs qui pourrissent le long des routes ou sur les autels.

Les véhicules se diversifient : auto-rickshaws ; charrettes tirées par des zébus, poussées par des hommes ; camions ; autobus. Certains sont arrêtés sur la route, en plein virage, d’autre avancent à contresens. La densité du trafic est extraordinaire. On n’a pas peur, on roule fenêtres ouvertes, au rythme de la musique et des klaxons. Ces derniers servent à prévenir les autres qu’on arrive. Les rétroviseurs ne servent à rien : on ne regarde pas en arrière, on avance tout droit.

Chambre d’hôtel

Dans la petite chambre, il fait chaud et humide. A l’écart de la rue principale, dans une venelle d’où on ne voit pas le ciel, le calme est sourd et laisse deviner une clameur en fond. Nous prenons plusieurs douches et retrouvons les vieux réflexes : ne pas boire l’eau, éviter qu’elle ne vous rentre dans le nez. Cracher. Le savon vert aussi, avec son odeur toute particulière, seul souvenir olfactif que l’on peut emporter et retrouver en France. Une autre odeur aussi, que l’on retrouve dans toutes les salles de bain et qui provient des petites boules blanches placées dans les lavabos. Cela doit être du chlore, mais la forme et l’odeur font penser à de la naphtaline. Toilettes à l’occidentale (on est dans un hôtel, pas dans une guest-house) : moins pratiques que les toilettes indiennes quand on doit se servir du fameux pichet. Mais là, comble du luxe (et du gaspillage), il y a du papier hygiénique.

Il y a tout un tas d’interrupteurs sur le mur. Apparemment, aucun ne commande le néon qui éclaire violemment la pièce. La vitesse du ventilateur au plafond, au dessus du lit, est alarmante ; la molette de réglage de fonctionne pas. Soit on le laisse allumé et on jette des coups d’œil inquiets toute la nuit de peur qu’il ne se décroche et se mette à voler comme un boomerang à travers le lit, soit on l’éteint et on passe la nuit dans un sauna. Nous dormons comme cela, lumière allumée, ventilateur à toute berzingue. Masque sur les yeux, boules Quiès dans les oreilles. Le lendemain, nous découvrons l’interrupteur, monté sur le cadre du lit…

Coupe du Monde

Aaahh, Zinédine Zidane ! Tout le monde a ce nom à la bouche. Dés que l’on dit que l’on est français, on nous réplique : « Zidane, c’est le plus fort, c’est dommage qu’il ait perdu ». Le fameux coup de boule de Zidane. On le voit et le revoit sur les téléviseurs de la réception de l’hôtel. On en entend parler pendant tout le séjour.

Main Bazaar

Main Bazaar, Pahar Ganj. Rendez-vous des voyageurs. L’un d’entre eux est assis par terre, l’air hébété. Il a l’air de connaître deux enfants qui mendient. De vivre (ou de vouloir vivre) avec eux. Magasins de tissus, de souvenirs provenant de tout le pays : marionnettes du Rajasthan, tentures du Cachemire, encens du sud… Des vendeurs de rue proposent des gadgets en plastique inutiles avec un grand sourire. Les rickshaws (auto et vélo) se croisent, quelques touristes marchent. Petits restaurants avec terrasse sur le trottoir. Quelques cafés modernes où les touristes semblent passer le temps en attendant leur avion. Trop d’occidentaux, trop de sollicitation, quelques boutiques intéressantes. La ville indienne.

Laisser un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée sur le site.
Champs obligatoires:*

*

17 − 4 =