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Buvettes

Au beau milieu de ce qui nous semble être nulle part, des femmes des hameaux alentours ont érigé des tea-stalls. Toile blanche soutenue par un poteau central et tendue sur les côtés, on imagine qu’elles ne sont jamais démontées. Les plus spartiates offrent au voyageur fatigué des bancs en bois, dans d’autres on trouve des chaises de jardin, voire même des banquettes confortables. Le thé est toujours chaud, prêt à être servi. Mais ce qui étonne le plus, c’est la présence de bouteilles de Coca Cola ! A 4200 mètres au Ladakh, le Coca est presque aussi frais qu’au bord de la plage et que partout ailleurs dans le monde, grâce à l’eau du torrent toute proche. Le voyageur n’est pas dépaysé. Et, s’il critique la mondialisation et l’occidentalisation galopantes, il se laissera tout de même tenter par ce breuvage vivifiant. L’envie de soutenir les populations locales supplantera peut-être aussi la tentation du boycott. Aux côtés du Coca Cola, on trouve aussi des nouilles industrielles à préparation rapide, comme celles que l’on trouve sur les étagères de nos supermarchés. On suppose que les marchandises (qui ne sont pas périmées !) arrivent régulièrement de Leh en bus, puis à dos de mules. Les nouvelles des divers hameaux en amont et en aval voyagent avec les caravanes. C’est aussi grâce aux buvettes que l’information circule, elles sont des lieux de rencontre dans cet environnement où les communautés sont isolées. On ne peut que s’y arrêter.

Les femmes qui tiennent ces buvettes (car ce sont souvent des femmes, dont les maris et les enfants, devenus grands, travaillent à la ville) se connaissent d’un village à l’autre. Elles parlent assez d’anglais pour que l’on s’échange des informations qui, généralement, tournent autour du lieu d’origine et du nombre et l’âge des enfants. Elles passent leurs journées à filer la laine à l’aide d’un bâton qu’elles font tourner dans une sorte de cuillère en bois fixée à leur ceinture. Elles sont absorbées par leur activité, paisibles et sereines.

Au creux de la vallée, en redescendant de Rumbak vers Zinchen et la route, on s’arrête dans une buvette plus grande, tenue par plusieurs personnes et très fréquentée. Dehors, une bouilloire est posée sur une parabole recouverte de morceaux de miroirs pour capter les rayons du soleil. Et ça marche !

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