Cantonniers biharis

Eboulement sur la route : un pan de la falaise s’est effondré, une coulée de pierres plus ou moins grosses bloque le passage. Des travailleurs (d’où sortent-ils dans cette vallée reculée ? qui les a prévenus ?) sont occupés à déblayer. Certaines pierres sont si lourdes qu’elles doivent être cassées. L’outillage est sommaire, pour ne pas dire inexistant. Les femmes se protègent de la poussière avec leur foulard. Des enfants les attendent, sur le bord de la route, les plus âgés (dix ans, tout au plus…) s’occupent des bébés en guenilles. Ils ne sont pas ladakhis. Nous apprendrons plus tard, au fil du voyage, que ces gens viennent du Bihar, un des états les plus pauvres de l’Inde. Ils travaillent sur les routes, à manipuler du goudron, construire des murets de protection ou casser des cailloux, dans des conditions de sécurité épouvantables. Où logent-ils ? Combien sont-ils payés ? On imagine des camps de fortune ressemblant à ceux des réfugiés et une misère à peine moins grande que chez eux.

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