Manali

Retour à la ville

L’arrivée en bus dans l’Himachal Pradesh est impressionnante. Après avoir passé des cols plus hauts les uns que les autres et avoir parcourus ces paysages d’altitude arides, on arrive à un col (arrêt déjeuner, l’aire de repos est particulièrement vaste) totalement embrumé. La visibilité est très mauvaise.

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Lorsque l’on reprend la route et que l’on passe sur l’autre versant, on distingue des conifères sous les nuages. L’Himachal Pradesh est sous la mousson : le haut des montagnes est entièrement dans la brume. Les sommets de seront à nouveau visible que dans quelques semaines. Nous descendons jusqu’à environ 2000 mètres.

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Le bus nous jette, littéralement, dans la rue principale de Manali, en début d’après-midi. Il charge aussitôt les passagers qui feront la route jusqu’à Leh. Le même chauffeur fera-t-il aussi le trajet du retour ?

Le ciel est bas, l’air est frais, cela fait du bien. Manali est la porte des hill stations, lieux de villégiature de moyenne montagne où les colons anglais (et maintenant, la classe moyenne indienne) venaient passer les mois les plus chauds. Ambiance chalets luxueux et même, paraît-il, pistes de ski (mais il faut monter à pied…) ! Nous avons sélectionné une guest-house entre Manali et Old Manali, de l’autre côté du torrent. Elle est malheureusement complète. Il y en a une autre à deux pas de là, dans les vergers où poussent les célèbres pommes de l’Himachal Pradesh. Il reste des chambres, pour un prix modique. Nous nous installons à l’étage. Quel luxe : il y a une salle de bain privative et de l’eau chaude au robinet ! Chambre très confortable, vue sur les vergers. Les patrons sont adorables. Nous donnons notre linge à laver, en espérant qu’il sèche avant notre départ, avec cette humidité !

Retour à la civilisation citadine après dix jours passés dans les villages ladakhis. Nous repartons pour le centre ville à pied et réservons sans problème notre bus pour Dharamsala à la gare routière : le système de réservation électronique est très efficace et le fonctionnaire, biddie au bec, parle et comprend bien l’anglais – ce qui n’est pas toujours le cas. Il s’occupe bien de nous parce que nous sommes occidentaux. L’inverse peut aussi se produire…

Tourisme de masse

La ville est remplie de familles indiennes en vacances. Rues animées, glaces à l’italienne à la fraîcheur douteuse vu les pannes d’électricité fréquentes, ballons de baudruche colorés, gadgets en tous genres. Les magasins vendent des tas de trucs clinquants et de mauvaise qualité. Nous cherchons (et trouvons – un exploit !) la poste. Nos cartes postales sont dans la boîte ! (Cela dit, la poste indienne est très fiable, surtout quand il s’agit d’acheminer des lettres et des cartes sans enveloppe).

Les divers cafés de la rue principale servent des plats du monde entiers et ressemblent aux cafés anglais et américains. Déco à la mode occidentale. Délicieuse pâtisseries allemandes (le concept de la German Bakery, que l’on retrouve tant au Ladakh qu’en Himachal Pradesh, a été inventé par un voyageur allemand): crumble, appfelstudel etc. En général, éviter tout ce qui est au chocolat – le chocolat indien est particulièrement infect (même lorsqu’il s’agit de marques internationales comme Kit Kat).

Dîner en bonne compagnie

Le Tibet Kitchen, près du torrent sur la route de Old Manali, est très prisés des touristes car recommandé par les guides. La salle est toute petite, donc il faut partager les tables. Nous réussissons à trouver une table et que nous partageons avec deux autres français. C’est très convivial et nous passons une agréable soirée. Jean-Marc importe des bijoux indiens et népalais en France, il sillonne l’Inde depuis vingt ans et en connaît un rayon – il est également un peu blasé, comme tous ceux qui connaissent bien un pays étranger : mélange d’amour et d’exaspération. Il mange de la viande, des crudités : son estomac doit être blindé. C’est à se demander s’il boit l’eau du robinet ! Il est accompagné de Maud, une jeune fille qui a fait un stage dans une entreprise de textile à base de matières recyclées de Delhi. Ils se sont rencontrés par hasard, comme beaucoup de voyageurs. C’est très intéressant d’avoir le point de vue d’une occidentale qui vit en Inde. La face cachée du pays, c’est aussi ses classes moyenne et supérieure, qui vivent dans des lotissements fermés à l’écart du centre-ville et donne des soirées exubérantes. Nous rions et dégustons un repas succulent.

Nous retrouvons également au Tibet Kitchen une famille de français que nous avions rencontré à Leh : après avoir souffert du mal des montagnes au Ladakh, ils ont eu un accident de bus sur la route Leh-Manali (ils avaient pris le bus du gouvernement – deux fois moins cher et plus pittoresque que le deluxe). Leur bus s’est couché sur la route. Heureusement qu’il n’y avait pas de ravin à cet endroit. Hématomes aux visage et coupure aux mains impressionnants. Les souvenirs de l’Inde diffèrent d’une personne à l’autre, selon les expériences plus ou moins bonnes, et la chance aussi…

Entre luxe moderne et tradition

En passant, nous avons repéré le Johnson’s Café : belle maison de pierre, petit jardin très mignon, menu alléchant. Après une bonne nuit de sommeil, nous décidons donc de nous offrir un peu de luxe en allant y prendre le petit déjeuner. Ainsi attablés, nous n’avons plus l’impression d’être en Inde, mais dans n’importe quel restaurant de la campagne anglaise ou américaine. Deux enfants font la manche près de la petite porte qui ouvre sur le jardin, des instruments de musique à la main. Deux extrêmes juxtaposés. Le chien du restaurant les course en aboyant. On n’ose pas croire qu’il a été dressé pour cela. On dirait plutôt qu’il s’agit d’une sorte de jeu : ces enfants l’énervent et sont des proies faciles. La scène semble se répéter plusieurs fois par jour. A la table à côté, une famille australo-québécoise déjeune en compagnie de son guide sikh. Ce dernier loue des chalets grand luxe à Dalhousie, qui figurent même sur le papier glacé d’un magazine pour Indiens fortunés. Il nous en parle et nous laisse sa carte. Bien évidemment, tout cela est totalement hors de nos moyens ! On peut toujours rêver. En attendant, nous parlons de Montréal tout en nous disant que les québécois sont particulièrement sympathiques et que nous devrions sérieusement envisager cette destination pour l’un de nos prochains voyages.

Petit déjeuner gargantuesque. Nous constatons que la spécialité de la maison est la truite péchée dans le coin. Nous décidons donc de revenir pour le déjeuner. Le luxe, on y prend goût ! Mais il nous faut avant libérer notre chambre : ce soir, c’est le grand départ pour Dharamsala – Manali n’était qu’une étape. Les patrons de la guest-house acceptent volontiers de garder nos sacs, ce qui nous évitera de les trimballer toute la journée et permettra à notre linge de continuer de sécher. Parfait.

Visite de Old Manali pour nous mettre en appétit. Après l’enfilade de guest-houses bon marché et de magasins de fringues baba cool (certains touristes semblent tout droit sortis des années 1970 : la marijuana pousse comme du chiendent ici, on en voit partout au bord des routes et dans les jardins. Le trafic est d’ailleurs très important dans la région et a donné lieu à des disparitions de touristes), nous pénétrons enfin dans le joli village d’Old Manali. Maisons traditionnelles ; vaches ; habitants à l’allure rajasthanie, gitane ; montreurs de cobras enroulés dans des paniers ainsi que, nous n’en revenons toujours pas, d’une sorte de lapin angora géant de la taille d’un petit chien. Comme nous n’avons pas voulu nous arrêter pour regarder le spectacle du charmeur de serpents, nous n’avons pas pu bien observer ces lapins qui, jusqu’à ce jour, nous intriguent encore…

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Retour au Johnson’s. Nous commandons la truite (on peut la déguster rôtie, poêlée, en curry etc.) et ses accompagnements, délicieux. Au dessert, glace arrosée de sauce au chocolat et parsemée de noix. Impensable ailleurs. Ce genre de repas reste bien moins cher qu’en France mais coûte les yeux de la tête si l’on compare son prix à celui d’un repas pris dans les cantines indiennes que nous fréquentions lors de notre voyage précédent dans le sud…

Nous prenons ensuite un rickshaw pour le petit village de Vashisht, de l’autre côté de la Beas. Sans grand intérêt, mis à part les termes et les petits temples de bois sculpté.

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