Note verte

Dzomsa

En ville, sur Main Bazaar, il y a une laverie écologique où on peut remplir sa gourde avec de l’eau bouillie et filtrée pour un prix modique. Cela permet de limiter la consommation de plastique et d’éviter de financer les multinationales (Pepsi et Coca Cola) qui détiennent le monopole de la vente d’eau traitée et assèchent les nappes phréatiques. L’eau que l’on achète à la laverie Dzomsa est puisée à 250 mètres de profondeur. Elle est ensuite filtrée et bouillie. On trouve aussi à Dzomsa du yaourt, du jus d’abricot et de cette baie typiquement ladakhie qui pousse sur le seabuckthorn bush. Les étagères sont remplies de céréales, de fruits et légumes déshydratés, pour les trekkers. Tout est biologique. L’activité principale est cependant la laverie. On laisse son linge (dans un sac de toile, pour éviter le plastique) et on le récupère le soir même, tout propre et plié. Dans une petite salle adjacente, les sacs de toile sont pesés, inventoriés, étiquetés et empilés. Un mini-bus vient les chercher. La lessive est faite à huit kilomètres de là, loin de tout cours d’eau et au savon végétal. L’eau sale est ensuite éparpillée dans le désert, où elle s’évapore quasi-instantanément.

Conscience verte

L’écologie paraît être une préoccupation majeure à Leh. Cela est confirmé par une visite à l’Ecological Centre, où l’on peut voir des films sensibilisant à la fragilité de l’écosystème de la région. Le film que nous avons eu la chance de voir a été tourné par une touriste française engagée et présente les dangers écologiques qui menacent le Ladakh. Problème dus au grand nombre de trekkers et leurs caravanes (camps permanents qui détruisent les pâturages, toilettes qui se déversent directement dans les rivières, détritus laissés sur place etc.) mais aussi aux gens du coin, que l’on doit sensibiliser au problème de l’eau. Les Ladakhis, par exemple, ne croyaient traditionnellement pas aux microbes. Il a fallu de nombreux échanges et discussions pour que cette idée soit acceptée et qu’il puissent voir une utilité à filtrer, bouillir et protéger l’eau. Ce n’est que si les touristes et les locaux prennent conscience de leur action sur l’environnement et agissent dans une même perspective que l’on pourra commencer d’entrevoir une issue positive. Les mentalités, de part et d’autre, changent lentement : quelques villageois font toujours leur lessive dans le cours d’eau, en utilisant du détergent industriel, certains y lavent même leur voiture. De même, les détritus laissés par les touristes jonchent les rues et les sentiers, et les camps permanents sont toujours là.

L’action locale se porte également sur le social. De nombreux jeunes sont au chômage et la Ladakhi Kitchen, petit restaurant en plein air sur la place du village, embauche des jeunes sans emploi. Cuisine bio et traditionnelle (soupe de pâtes (tenthuk), tsampa etc.), pas de carte italienne ni israélienne. Premier thé au beurre salé. Couleur mauve lorsque se mélangent le thé et la noix de beurre. Tout à fait buvable, contrairement à ce que nous nous étions imaginé !

Paniers de légumes

Dans certaines rues commerçantes, mais à l’écart des magasins d’artisanat et de bijoux, les femmes, assises sur le trottoir, vendent leurs légumes dans des paniers. Navets, épinards, carottes. Ils ont été lavés dans l’un des petits ruisseaux qui coulent le long des routes. Ils sont tout frais.

Pollution

Les rues sont envahies de voitures, 4 x 4, minibus, motos et autres jeeps de l’armée. Tous semblent tourner au diesel et être mal réglés. Quelle pollution ! Tout le monde met le nez dans son foulard. Les femmes, qui le portent souvent autour de la tête lorsqu’elles travaillent aux champs, se couvrent jusqu’aux yeux pour éviter l’asphyxie.

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