Vers Yurutse

Troisième jour. Lever à sept heures. Il y a du vent et il fait frais. Après le petit-déjeuner, nous partons pour Yurutse. La journée qui s’annonce sera la plus rude en terme de dénivelé : 700 mètres en six kilomètres ; pendant quelques temps, une pente à 22,5% ; un col à 4900 mètres. Nous y sommes préparés psychologiquement.

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La raréfaction de l’air se fait rapidement ressentir. Il n’y a plus d’arbres, que des arbustes, bientôt remplacés par des touffes d’herbe. La difficulté de l’étape est compensée par la diversité de la faune et le panorama : plus nous montons, plus nous découvrons l’infinité de la chaîne himalayienne. Il y a toujours une montagne derrière celle qu’on pensait être la dernière. C’est une sensation similaire à celle qui étreint le voyageur qui pénètre dans un désert de dunes. La montée jusqu’au col nous laisse le souffle court. Nous devons nous arrêter tous les dix mètres pour reprendre de l’air ! Aude a enfin trouvé son rythme, en faisant des plus grands pas, sur les conseils de Benoît : ça fait davantage marcher les cuisses, mais ça épargne un peu les poumons !

IMG_1482 IMG_1493Au col : un chorten et des drapeaux de prières que les guides et horsemen attachent quand ils passent. Nous n’avons croisé que deux couples de touristes en route. Pause au col, 4900 mètres (la tête tourne un peu, surtout lorsqu’on voit l’étendue des montagnes de part et d’autre), pour pique-niquer et récupérer.

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Des yaks paissent juste à côté. Ils ont l’air paisible des ruminants. Plus bas, nous rencontrons un berger de Rumbak qui fait paître ses chèvres, moutons et pashminas. Il est accompagné d’un autre gars. Ils ont allumé un feu pour se faire du thé.

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La descente est assez rude. C’est un soulagement pour Aude ; Benoît préfère l’ascension : il souffre des genoux en descente. Il y a deux aires de camping en bas de la descente (les caravanes en provenance de Rumbak s’y arrêtent généralement pour passer la nuit avant l’ascension du col). Il y a aussi une buvette. Nous demandons au gars qui la tient s’il connaît Rinchen Dorgey, notre hôte du soir et… c’est lui ! Nous échangeons quelques mots avec des Danois (dire qu’il nous a fallu venir en Inde pour rencontrer des Danois !), dont l’un a eu le mal des montagnes et a dû rebrousser chemin. Nous nous apercevons que nous avons vraiment eu de la chance de ne pas être malades. Le seul remède à ce mal qui immobilise celui qui en souffre : redescendre.

Nous atteignons Yurutse une demi-heure plus tard. Champs d’orge et petit ruisseau d’irrigation, stupa et superbe vue sur le sommet local, le Stok Kangri (6100m). Il n’y a qu’une (immense) maison dans le hameau, pas d’erreur possible. On croise la femme de Richen avec ses enfants. Elle remonte avec nous et nous offre le thé. Quatre Américains sont là aussi. Les chambres sont sur le toit-terrasse, d’où on peut admirer la vue.

Nous nous promenons le long des champs d’orge irrigués par de petits canaux. Le fils d’Ammo (?), Norbu, nous accompagne. Il a trois ans et monte et descend déjà la montagne comme un cabri. Nous nous amusons ensemble près du ruisseau, puis c’est l’heure du repas, que l’on prend avec les Américains, tous assis côte à côte le long des fenêtres, sur les tapis et devant les tables traditionnels. Ils sont tous là depuis plusieurs mois et ont voyagé dans tout le pays. Ils se sont rencontrés au fil de leur périple. Deux d’entre eux, un couple, sont photographes et ont eu une bourse de leur université à New York pour faire un reportage. Lui ne supporte pas de vivre aux Etats-Unis et voyage donc quasi-constamment, en Amérique du Sud et en Asie. Ils ne sont pas équipés pour la randonnée, ils vont là où le vent les mène.

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Les chiens aboient dans la nuit. Y aurait-il des loups ?
Lorsque nous nous réveillons, il y a au moins une cinquantaine de mouches dans la chambre.

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