Les origines du court-métrage « Nirvâna »

En 2006, alors que la remise en question est au cœur de ma réflexion, je propose à mon ami Sylvain d’interroger son parcours de vie dans un court-métrage semi autobiographique. A 28 ans, il vient de passer ses dix dernières années à chercher un épanouissement durable, en vain. Je suis fasciné par son idéalisme, sa recherche de paix intérieure, et son courage à rebondir après chaque désillusion.

Sylvain accepte. Je demande l’appui d’Aude. A trois, nous travaillons à distance sur un forum dédié à l’écriture du scénario. C’est dans une réflexion commune sur le mode de fonctionnement de Sylvain que nous avons pu faire naître le personnage autobiographique de Dorian. Une première ébauche sort en décembre 2007. Sylvain met fin à ses jours deux jours après. Nous ne saurons jamais s’il la lue.

Pendant deux ans, c’est le vide.

En 2009, je requiers le concours de Kévin, son frère. A nouveau au nombre de trois, je retrouve le chemin de l’écriture, et la discussion reprend sur le forum.

Les années passent. J’alterne entre périodes d’écriture et longues interruptions. Pour prendre du recul. Peu à peu Dorian se détache de Sylvain.

Puis, en 2013, l’écoute de la bande originale écrite par Philip Glass pour le film « Visitors » (Godfrey Reggio, 2013) guide ma main dans une ré-écriture complète du scénario. « Visitors », film non narratif sans personnage ni dialogue, s’intéresse à ce qui définit la nature humaine. Sa musique romantique aux accents mélancoliques me touche dans ce qu’elle peut dire sur la beauté du courage qu’il faut pour changer.

Désormais, Dorian s’est fictionnalisé. Il a acquis une identité qui lui est propre.

En 2015 et 2016, le scénario a bénéficié d’un accompagnement personnalisé à la Maison du Film Court avec Richard Sidi, et a même été en lice pour le Label Scénario 2016.

Les choix que j’ai faits dans ma vie personnelle m’ont conduit à mettre, pour le moment, le projet entre parenthèses.

Benoît

Janvier 2019