Canapé sur plage déserte

Cap au nord sur Bream Bay, toujours sur la côte est. Benoit prend le volant pour sortir d’Auckland (autoroute à taille plus humaine qu’aux USA). Les collines volcaniques s’étendent à perte de vue. A peine passé le pont qui traverse la baie, on se retrouve à la campagne, avec des pâturages et des troupeaux (vaches et bien sûr moutons). On se relaie pour la conduite et on s’en sort plutôt bien. Finalement, ce n’est pas si difficile que ça. Par contre, les Kiwis roulent super vite (leurs nationales, qui ressemblent parfois plus à des départementales, sont limitées à 100 !). Nous, on se traine avec notre trois tonnes. Mais c’est très agréable de conduire tout en admirant le paysage.

On arrive à Langs Beach, plage de sable blanc quasi déserte, mis à part un groupe de gars qui ont apporté leur canapé et leurs bières et ont entrepris de prendre l’apéro en plein milieu de l’aprèm (et nous conseillent de voter « National » (le parti de droite) aux législatives de la semaine prochaine) et une mariée asiatique en train de se faire photographier et dont les ballons se font emporter par le vent.

Il y a de superbes maisons sur les collines alentours et des îles en face. On se promène sur la plage. Le soleil est au rendez-vous, ça fait du bien de se mettre en short et sandales. Il ne fait pas une chaleur estivale et l’eau (calme plat et bleu turquoise) est glacée. Le vent est toujours de la partie (après tout, on est pile dans les Quarantièmes Rugissants) et rafraîchit le fond de l’air, mais on sent que le trou de la couche d’ozone n’est pas loin : le soleil tape dur, ce qui donne une impression bizarre, on a tantôt froid, tantôt super chaud.

On continue notre route le long de la côte jusqu’à Waipu Cove. Petite station balnéaire. Coins pour pique-niquer et faire des barbecues au bord de la plage. Plage immense et toujours aussi déserte à part pour quelques familles venues pêcher en ce samedi soir. L’ambiance nous plaît tellement qu’on y reste un moment : apéro sur la plage puis fish and chips sur la pelouse en haut de la dune. Les moustiques attaquent sévère à la tombée de la nuit : il est temps de trouver un coin où dormir. Pas question de faire du camping sauvage par ici : c’est interdit et il n’y a pas d’endroit discret où se garer (surtout qu’avec notre engin, on est loin d’être discrets !).

Le Lonely Planet indique un camping géré par le Ministère de l’écologie à Uretiti, un peu plus loin (c’est apparemment ce qui est le plus proche du camping sauvage). On y arrive juste avant la fermeture. Un ranger très sympa nous accueille. Il n’y a pas grand monde, on se trouve un emplacement juste derrière la dune, à deux pas de la plage. Pas d’électricité, juste des toilettes (un trou dans le sol) et des douches froides. Heureusement, on a tout le confort moderne dans notre maison sur roues : frigo, lumière, eau chaude, douche, W-C chimique, gazinière.

Le lendemain, petit déjeuner en plein air. Il y a toujours du vent (à partir de maintenant, considérez qu’il y a du vent à moins qu’on vous dise le contraire !). La plage est superbe, fréquentée par de rares touristes et naturistes et quelques pêcheurs. Benoit en profite pour faire un footing (et dire qu’il aura fallu venir à l’autre bout du monde pour qu’il s’y mette !) et Aude et Samuel font une balade. Faut dire qu’entre les apéro (il faut bien goûter la bière et le vin locaux…), le chocolat Cadbury et les Tim-Tams (biscuits secs préférés des Australiens et Kiwis : biscuit au chocolat fourré au chocolat enrobé de chocolat… Pour info, ils en vendent à Monop’ et Obama, en visite en Australie la semaine dernière, s’en est vu offrir deux paquets !), on aura intérêt à se bouger le gras…