Into the Wild

Le 7 janvier : grand départ vers le nord. On est chargés comme des bourriques (heureusement, c’est la dernière fois qu’on le sera autant en transports en communs) : tous nos bagages d’origine, la poussette et des « bricoles » en plus (on a acheté un mini mixeur électrique pour faire les purées de Samuel et un mini panier en bambou pour lui faire cuire ses légumes à la vapeur… plus quelques provisions qui nous restaient…). Un bus pour aller en ville (plein à craquer, heureusement qu’on a la priorité avec une poussette…) et un train pour l’aéroport. Tout se goupille bien mais on n’est pas mécontents d’arriver. Là, on récupère notre camping-car. Beaucoup plus petit que celui de la Nouvelle-Zélande (celui-ci est plutôt du genre Kombi Volkswagen avec une « chambre » dans le toit). Il va falloir s’organiser pour mettre notre bardas (et pour savoir qui dort où, surtout avec la chaleur qu’on va se taper au nord). On tâtonne un peu le premier jour, mais on y arrive finalement. Samuel dort en haut (on confectionne une barrière de protection). De toutes façons, le plafond est tellement bas qu’on ne se voyait pas y dormir (ambiance « hôtel-capsule » japonais…). Heureusement, il y a des fenêtres en haut et en bas avec des moustiquaires et on a un loué un ventilo.

Après un peu de remue-ménage pour s’installer (et après avoir demander à ce que le frigo, qui pue le poisson pourri, soit re-nettoyé…), nous voilà partis. Cap au nord. La route est la même jusqu’à Cairns. Les copains nous ont donné quelques idées de là où s’arrêter en plus de ce qu’on avait prévu. C’est vrai que les distances sont longues et la route fatigante. Contrairement à la Nouvelle-Zélande cependant, notre camion nous permet de dépasser les 100 km. Mais il faut faire gaffe aux limites de vitesse : il y a des radars partout (pour 10km/h de dépassement, on perd son permis sur le champ) et des panneaux de prévention routière tout le long de la route (« Vous préférez être en retard ou paralysé ? A vous de choisir ! »).

On prend donc du retard et on hésite à s’arrêter plus tôt. Finalement, on pousse jusqu’à Seal Rocks, le village où on pensait s’arrêter. On savait que le camping était complet, mais il y a une aire où le campement est autorisé près de la plage de Yagon. On s’y pointe (quelques km de tape-cul sur une route non goudronnée). Il y a du monde mais il reste une place. On est sensés payer, mais on ne voit personne, ni boîte où déposer de l’argent. On se la joue à la française et on part comme des voleurs (en même temps, 27 dollars pour un emplacement, des toilettes certes, mais pas de point d’eau du tout…). Nous qui comptions trouver un supermarché dans le coin… c’est râpé. Plus paumé, comme endroit, tu meurs. A part une petite épicerie-poste-café (qui sert du Nescafé, rien de plus) dans le petit village de pêcheurs, rien. Heureusement qu’il nous reste des pâtes et du fromage. Samuel n’aura pas de bain : notre réserve d’eau est déjà vide !

Après une nuit reposante, on va découvrir ce pour quoi on est venus jusque là : la plage. Et là, on n’est pas déçus : une belle étendue de sable blanc, quasi déserte, une eau bleue, des vagues pas trop fortes (ça tombe bien, la baignade n’est pas surveillée : on se baigne près des gens, en espérant que s’il y a un courant ou un requin, ils se feront choper en premier !). Tous les occupants du campement ou presque sont des surfeurs qui se sont levés tôt pour aller tâter de la déferlante. L’eau est bonne, on s’éclate dans les vagues pendant que Samuel dort dans sa poussette non loin de là. On aurait bien aimé rester une ou deux nuits de plus, mais sans eau ni provisions, ça va être dur… On aurait dû mieux s’organiser. Espérons qu’on trouve de si belles plages aussi désertes plus haut…