Tropique du Capricorne

Vu la météo, qui ne s’améliore guère, on décide de ne pas trainer en route et d’avancer le plus vite possible vers Cairns. On se fait donc trois jours de route où on bouffe des kilomètres (on avait d’ailleurs prévu de faire ce trajet en deux jours, ce qui aurait été infaisable). Variation sur le même thème des panneaux de prévention : « Reposez-vous ou reposez en paix »… Rassurant !

Premier arrêt pour une nuit à Rockhampton. Le lendemain, on s’arrête sur le bord de la route pour acheter une caisse de mangue chez une dame qui a un verger : 16 mangues pour 10 dollars (moins de 50 centimes d’euro la mangue !), ça a du bon, les tropiques. Un régal.

On roule, on roule. On roule tellement qu’on fait un plein d’essence par jour.

On passe Mackay (zone commerciale et mines de charbon qui embauchent à tour de bras… des volontaires ?!) et on pousse jusqu’au Cape Hillsbourough, où Benoit a repéré un camping. Petite route de vingt kilomètres à travers les champs de canne. On arrive au bout du monde, dans la forêt tropicale. L’endroit est très beau, hors des sentiers battus, et le camping est quasi désert. La plage est bordée de cocotiers, l’océan est d’huile. Mais c’est la saison des stingers (mot générique pour désigner tout ce qui pique dans la mer, en particulier les méduses) donc on n’ose pas se baigner (d’autant qu’ici ils ne font pas les choses à moitié : la piqûre de certaines méduses, les box jellyfish, est mortelle… rien que ça !). Mais on fait une belle balade sur la plage au soleil couchant.

Au diable les méduses : le camping a une piscine. C’est là que ce luxe devient une nécessité pour nous : on ne s’arrête plus que dans des campings avec piscine (en fait, ils en ont pratiquement tous une, même les plus basiques) : il fait tellement chaud et humide qu’on passerait notre journée dans l’eau. On ne prend d’ailleurs plus la route sans notre bain du matin et dès qu’on arrive en fin d’aprèm ou en début de soirée, on se baigne. Samuel est le premier à vouloir se précipiter vers l’eau, il ne peut plus s’en passer maintenant. Cela dit, côté température, on a apparemment de la chance : il ne fait « que » 32° alors qu’il y a quinze jours, il faisait 38…

Bien sûr, qui dit forêt tropicale dit moustiques et sand flies (petites mouches qui piquent). Premier soir difficile à se battre contre les envahisseurs tout en essayant de faire de l’air dans le camping car. Pas évident. On ne compte plus les boutons. Heureusement, Samuel ne semble pas affecté par les insectes. Par contre, il a bien chaud : comme pour faire écho à la nuit où il avait eu si froid aux USA, il a eu tellement chaud l’autre soir qu’on a dû lui refaire prendre une douche quasi froide avant de le coucher. Ca lui a pas plu sur le coup, mais après il se sentait bien mieux. On l’arrose à longueur de journée, tel un rôti au four…

Dernier jour de route non-stop. On s’arrête à Cardwell, petite bourgade sympathique entre la route et l’océan. Camping très agréable aussi, avec bien sûr sa piscine !

La végétation a enfin changé et est moins monotone. C’est beaucoup plus vert, plus dense et le paysage est aussi plus vallonné. Ca nous change. Et dire qu’on est partis de Sydney il y a quinze jours… C’est vraiment comme si on était dans un autre pays.

Nous avons passé Cairns (enfin !) cet après-midi (vendredi 20 janvier) et nous voilà à Port Douglas, avec sa rue commerçante qui donne sur la mer. On est aux portes de la Daintree Forest (la plus grande forêt tropicale d’Australie et la plus vieille au monde) et de Cape Tribulation, pays de toutes sortes de bêbêtes inquiétantes, notamment les casoars, genres d’émeus bleus à la tête ornée d’un casque en os rouge et à l’allure préhistorique qui n’hésitent pas à vous planter leurs serres crochues dans le coeur s’ils se sentent menacés… Autant vous dire qu’on ne va pas s’aventurer hors des sentiers (d’ailleurs, on a commencé par manger à la terrasse d’un resto et faire du shopping dans Port Douglas) !