Masques, tubas et Nouvel An chinois

Dernier jour avant le grand départ. Nous avons prévu une journée sur Green Island, îlot corallien près de Cairns. Quarante cinq minutes de ferry. Le bateau est rempli d’Asiatiques. Quelques japonais, mais surtout des hordes de Chinois venus fêter leur Nouvel An. On se demande comment tous ces gens vont rentrer sur l’île, qui est apparemment minuscule… Il risque d’y avoir des embouteillages sur le corail…

A l’arrivée sur Green Island, il y a déjà du monde partout. Il y a un petit centre où se concentrent boutiques et restaurants, et il y a même un hôtel. Première étape : récupérer le matériel. Un masque, un tuba, des palmes et, clou de l’attirail, une combinaison intégrale en Lycra contre les piqûres de méduses. C’est en option, mais bon, ça évite de se préoccuper de croiser une méduse tueuse et, avantage non négligeable, ça protège du soleil. On adopte donc le total look.

Il fait chaud et le soleil, bien que voilé, tape fort. Heureusement, il y a de la place à l’ombre des arbres. On s’installe et on s’apprête à aller plonger chacun son tour. Et là, on découvre qu’il y a pire que les Indiens en vacances (sorry to our Indian friends…) : les Chinois en vacances. Samuel devient vite le centre d’attention et on se retrouve entourés de paparazzi armés de leurs appareils gros calibres qui mitraillent notre pauvre petit qui n’a rien demandé (et eux non plus, contrairement aux Indiens, ne demandent rien). Et vas-y que je te vienne lui faire des gouzi-gouzi, et vas-y que j’appelle toute la famille pour venir s’extasier. Impressionnant. On s’imagine qu’au pays de l’enfant unique, un bébé attire toute l’attention, mais quand même… Enfin… on est déjà dans l’album photo d’Indiens qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, Samuel sera maintenant dans les soirées diapo de la classe moyenne chinoise…

C’est le moment d’aller découvrir le corail. Heureusement, la foule reste concentrée sur le bord de la plage (beaucoup d’entre eux semblent de pas savoir nager). Alors bien sûr, le corail autour de Green Island (on l’appelle fringing reef, en périphérie de la Grande Barrière) doit être beaucoup moins impressionnant que celui des profondeurs, au large, mais 1) on s’est dit que c’était plus confortable avec Samuel de passer la journée sur une île plutôt que sur un bateau qui tangue, 2) on avait un peu la trouille de plonger au beau milieu de l’océan (même si on nous a dit que ça craignait rien et tout et tout). C’est aussi pour ça qu’on n’a pas pris l’option plongée en bouteille… Donc, oui, on s’est un peu dégonflés sur ce coup là… Mais bon, pour une première approche, c’était quand même sympa. Il n’y a pas de corail partout, il faut trouver les bons endroits (Aude croise une Anglaise qui le cherche désespérément et n’a quasi rien vu). Il y a pas mal de corail mort (c’est malheureusement assez répandu partout. Encore la faute à l’agriculture intensive…) mais quand on trouve le bon endroit, c’est superbe. Des coraux aux formes diverses, de la patate à l’allure de cervelle aux doigts dressés vers la surface en passant par des corolles ondulées. Il y a aussi différentes couleurs : jaune, blanc, violet, mauve. Mais c’est la danse des poissons qui est le plus impressionnant. Il y en a de toutes les formes (des longs, des trapus, des en losange), de toutes les tailles et, surtout, de toutes les couleurs. Des rayures, des zébrures vert électrique, jaunes, bleues. On les entend picorer le corail. Ca fait « tic, tic, tic » au fond de l’eau. Aude voit trois tortues énormes (ou, plus vraisemblablement, trois fois la même tortue énorme) et trouve Némo (le poisson clown orange et blanc) ; Benoit voit une raie qui le regarde d’en bas et un énorme coquillage vert qui se ferme à son approche. On se fait plusieurs sessions chacun. Ca crève, cette histoire ! On est fourbus à la fin de la journée. Samuel n’est pas en reste : il se baigne plusieurs fois dans cette superbe eau à 30° et fait une sieste en se baladant dans la forêt tropicale de l’île. On apprend d’ailleurs que l’île était terre de rites de passage pour les Aborigènes locaux. Elle était réputée chez les colons pour les fréquents naufrages causés par sa barrière de corail et pour la pêche au concombre de mer (l’exploitation outrancière a d’ailleurs fait disparaître tous les concombres au début du XXème siècle).

 

Une bien agréable dernière journée en guise d’au revoir à l’Australie…

Version Director’s Cut :

A Green Island, nous avions pris quelques photos sous-marines à l’aide d’un appareil jetable. Elles sont assez décevantes, mais nous avons quand même eu envie d’en ajouter trois d’entre elles a posteriori. C’est notre version « Director’s cut » de l’article Masques, tubas et Nouvel an chinois. Une façon également de revenir sur notre blog, déjà avec beaucoup de nostalgie… Le voyage nous manque déjà !