Sideways

Vous aviez vu ce film, où les personnages font une virée dans la région des vins en Californie ? Eh bien on a fait le remake, version kiwi. Car, oui, le camping car a redémarré le lendemain sans aucun problème. Mais ça ne nous étonne pas : on est spécialistes des pannes fantômes avec notre C3 à la maison. On a quand même appelé l’assistance, qui nous a dit d’aller voir un garagiste du coin. Le gars a regardé et n’a rien trouvé. « Tout fonctionne comme ça devrait », nous a-t-il dit. Enfin, il a quand même rajouté 2 litres de liquide de refroidissement (depuis la Vallée de la Mort, on fait un séjour à thème…).

Bref, nous voilà partis dans la région des vins de Marlborough, la plus réputée de NZ. Tous les domaines sont situés dans un mouchoir de poche entre deux bleds. On en sélectionne deux ou trois et c’est parti. Route de campagne toute droite (ça change !). A droite, des collines à la végétation tropicale. A gauche, des collines pelées. Au milieu, une vallée verdoyante et des vignobles à perte de vue. On apprendra plus tard que la vallée était jadis occupée par un glacier, d’ou un terroir proche de celui des Graves (avec des gravillons) par endroits.

 

Première étape dans le domaine de Seresin. Culture du raisin bio et biodynamique, chemin bordé d’oliviers (ils font aussi leur huile). Leur logo est inspiré une peinture de la grotte de Chauvet. On est accueillis par le proprio, qui attend le chaland avec une batterie de bouteilles ouvertes. La dégustation de quatre ou cinq vins, comme partout ailleurs ici, est payante (5 dollars par personne, environ 3 euros) mais remboursée si on achète une bouteille.

Dégustons, donc. Et là, on découvre enfin des vins du Nouveau Monde qui ont du caractère et qui offrent d’autres saveurs que celles d’un jus de fruit super alcoolisé. On goûte un riesling, un chardonnay et, comme il voit qu’on est français et qu’on s’y connaît un peu (enfin, tout est relatif !), il nous fait goûter le Chiaroscuro, assemblage de différents blancs qu’il nous propose de deviner. On se débrouille pas trop mal (sans compter qu’il y avait un pinot gris dans le lot) et on apprécie cet étonnant mélange, très fin et fruité à la fois. On passe aux rouges, avec un pinot noir délicieux entre autres. Le gars est sympa, il a passé pas mal de temps en France et s’y connaît bien (en même temps, pour faire du bon vin comme ça, c’est qu’il s’y connaît…). Ses vins (y compris les blancs) sont passés en barriques de chênes françaises (certaines neuves, d’autres pas) plus d’un an. On craque bien sûr et on achète deux bouteilles (une pour nous, une pour offrir aux copains en Australie). C’est pas donné (le prix d’un bon cru bourgeois médocain), mais bon, c’est l’occasion ou jamais…

On en profite pour admirer un peu le paysage et pique-niquer avant de reprendre notre chemin. On passe par un autre domaine super grand, un peu l’usine mais une bâtisse très design. On n’y fait pas de dégustation, on se réserve pour un autre petit domaine qu’on a repéré.

En route donc pour Herzog. On y est accueillis par une jeune anglaise, venue pour parfaire sa connaissance avant de rentrer chez elle pour devenir négociante. Très sympa, on discute un moment autour de ce vin délicieux. L’avantage de faire le tour des domaines en cette saison, c’est qu’on est seuls. Le domaine appartient à un couple de suisses, venus sous ces latitudes plus clémentes cultiver des cépages qu’il n’arrivaient pas à faire pousser chez eux. Ils ont aussi un vin d’assemblage selon la recette bordelaise (sans le petit verdot) qui est divin. La plupart des kiwis n’apprécient pas : trop tannique, pas assez fruité. On craque là aussi pour ce rouge, et un viognier pour l’Australie. On décide de s’arrêter là car le porte-monnaie en a pris un coup et on préfère rester sur cette excellente impression du paysage vinicole local.

 En route vers Nelson, la « grande ville » du coin, où nous passons la nuit dans un petit camping près du centre ville. On profite du barbecue mis à disposition pour se faire griller de l’agneau et se déboucher une bonne bouteille de rouge. Royal ! L’agneau néo-zélandais a de quoi convertir les végétariens les plus endurcis : élevé en plein air, sans hormones. Des morceaux de choix : y’a bien sûr la bonne vieille côtelette, mais on opte pour des tranches dans le gigot. Juteux et tendre à souhait.

Le lendemain, on visite cette petite bourgade très agréable et on en profite pour faire un peu de shopping (Samuel, comme tous les bébés kiwis, a maintenant sa peau de mouton !), boire des cafés et manger en terrasse dans des endroits très sympa.